projet de recyclage et énergies, site de La Grande Groupède à Istres (13)

Les dates de l’enquête publique

Nous avons appris l’existence de ce projet par un article de Marsactu, le 1° avril et le lancement d’une enquête publique, en plein milieu des vacances scolaires de la zone, et incluant les ponts du 1° et 8 mai, ainsi que le jeudi de l’Ascension.

Nous avons immédiatement écrit au Préfet pour demander une prolongation, mais c’est l’intervention du maire d’Istres auprès du commissaire enquêteur qui a permis la tenue de 2 réunions publiques et la prolongation de 15 jours de l’enquête, qui sera clôturé le 2 juin.

 ARKEMA

Le CAN environnent ; l’association de terrain qu’il a aidé à créer, Marseille Sans CSR ; la mobilisation des riverains ; le regroupement d’associations à la fois locale comme les CIQ ou d’audience nationale ; l’évolution de certains élus, pourtant au départ favorable ; le rassemblement d’élus de sensibilité politique très différentes… tous ces éléments ont contribué au renoncement d’ARKEMA d’installer un incinérateur de CSR dans son usine.

 L’aide aux associations

Le retentissement de ce succès a été tel qu’une dizaine d’associations, sur tout le territoire national a fait appel à nous pour les aider dans leur combat

 Les raisons de notre opposition

 De manière générale, produire des CSR pour les incinérer comporte des dérives, souvent constatées : ·           Le recul, voire l’abandon de la politique de réduction des déchets ; de celle de la réduction de la consommation ·         La facilité de brûler plutôt que de trier (c’est même l’ADEME qui le dit, pourtant pourvoyeuse de généreuses subventions ·        Le renoncement à renforcer les filières de tri existantes, à en créer d’autres ·         Le ralentissement de la recherche de solutions qui ne seraient ni l’enfouissement, ni l’incinération  

L’origine des déchets

En 2020, sur 310 millions de tonnes de déchets produits en France, 89 % provenaient des activités économiques, y compris les déchets assimilés. Source : DECHETS D’ACTIVITES ECONOMIQUES ET COMBUSTIBLES SOLIDES DE RECUPERATION

L’origine des déchets ne vient donc pas des ménages, mais bien des activités économiques (Industrie ; BTP ; Commerce ; Services publics ou privés ; Agriculture) Le tri à la source devrait en être facilité

 Sur le site d’Istres, les volumes sont énormes :

·         Une « chaufferie » dimensionnée pour 200 000 tonnes de CSR/an et une chaleur « potentielle » de 670 GWh/an (Cela représente une énergie thermique équivalente à la consommation annuelle d’environ 60 000 à 100 000 foyers français) dont Suez ne sait que faire : « La chaufferie aura également la capacité de fournir de la chaleur pour des utilisateurs potentiels, tels qu’un réseau de chauffage urbain… » à Cette absence de récupération de chaleur impose à SUEZ d’employer le mot incinérateur et non celui de chaufferie

 ·         200 000 t/a à incinérer sur place, alors que la production actuelle du site est de 100 000 t/a dont 73000 sont destinés aux cimentiers, cela demande un nouvel apport de 127 000 t/a… avec 2 possibilités : soit une augmentation de la capacité actuelle du site, soit un apport extérieur, soit un mix des 2. Pour rappel, le site de fabrication de CSR de SUEZ est le gros de France…

 ·         Une méthanisation de 35 000 t/an pour une production d’environ 1 577 tonnes de méthane ; une production affichée soit de 2 216 t/a, soit de 2 400 t de CO2 liquéfié, soit de 4 000 t/a (Pour une production de 2 400 t de CO₂ liquéfié, les pertes totales dans l’atmosphère sont estimées entre 250 et 600 t de CO₂/an, selon l’efficacité de l’installation) ; ainsi qu’une production annoncée de 31 000 m³ de digestat (soit entre 31 600 et 32 900 tonnes, selon sa concentration). A noter que, si les agriculteurs ne sont pas payés, le digestat leur est livré et épandu gratuitement…

 ·         Un compostage de 25 000 t/an

 ·         Une mise en balles de déchets d’activités économiques évaluée entre 20 000 et 40 000 t/an

Les conséquences :

 ·         Plus d’une centaine de camions quotidiennement, chiffre à doubler en terme de trafic, les camions vont et viennent sur le site – avec les conséquences que l’on connait (pollution accrue ; bruit ; émanation de CO2 ; usure prématurée des chaussées ; saturation des routes ; risque d’accident)

 ·         La nécessité d’utiliser des produits chimiques (6 300 t de Bicarbonate de Sodium ; 150 t de Coke de lignite ; 860 t d’ammoniac) pour tenter de traiter les fumées, qui, de toute façon produiront des polluants (l’examen attentif des Comités de Suivis de Sites, les rapports d’inspections de la DREAL montre des dépassements réguliers en dioxine et en furane). Avec le regret qu’il n’y a toujours pas d’étude indépendante sur ces rejets. Avec le fait que bin nombre de polluants ne sont pas recherché, que l’effet cocktail ou cumulatif, pas étudiés

 ·         La production massive de déchets pas toujours revalorisables (47 000 t de mâchefers ; 10 900 t de Refiom ; 4 720 t de cendres sous chaudière)

 ·         Un risque d’incendie : sur le site de SUEZ, en lien avec la production de CSR : le 4/07/2020, avec une reprise du feu les 6 et 7 juillet ; mais aussi, sur ce même site d’Istres, un incendie le 29/08/2018 ; un autre le 19/02/2020 et un le 09/04/2020… Ces risques ne sont pas isolés. Nombreux sont les exemples d’incendies liés aux CSR

 ·         Un pompage dans la nappe phréatique déjà fragile de la Crau (le GRC SUD prévoit une diminution d’entre 2 et 4 m dans la zone d’Istres d’ici 2030). L’augmentation prévue est de 344% (passage de 9 000 m3 annuel à 40 000 m3 , pour servir dans divers process industriels. Or, Marsactu nous apprend que la nappe est polluée au PFAS, probablement due à la base militaire d’Istres, voisine du site de SUEZ

 Les flous, les omissions : 

 ·         Des chiffres fantaisies : 200 000 t/a ou 236 000 t/a de CSR ?? ; 140 ou 180 GWh ? 2 100 t/a ou 4 000 t/a de CO2 liquéfié ? …

 ·         Un compost et un digestat (produit de la méthanisation), annoncés publiquement comme bio, puis rétropédalage (l’incorporation de 10 000 t/a de boues de station d’épuration rend le label impossible)… en fait annoncé comme bio sourcé !

 ·         Une activité non annoncée, mais en prévisionnel : démontage de bateaux et camping-cars hors d’usage.

 ·         Une composition de CSR tenue secrète, mais qui incorpore des métaux…