Qu'est-ce que le bruit ?

Bruit : de quoi parle-t-on ?

Le dB (A) adapté à l’audition humaine

La perception humaine varie avec le niveau sonore et la fréquence. Dans la gamme des niveaux sonores de la vie courante (faibles à modérés), l’oreille est moins sensible aux sons graves et aigus qu’aux sons médiums (compris entre 500 et 2000 Hz). Dans les niveaux les plus élevés, à l’inverse, l’oreille est davantage sensible aux sons graves.
Afin de prendre en compte cette sensibilité physiologique particulière, on utilise lors de la mesure un filtre adapté avec une “ pondération A”. On parle alors de décibel “A” noté dB (A). (Valeurs d’intensité : Faible = < 30dB(A) / Fort = > 80dB(A))

On parle de bruit pour désigner un son qui nous dérange, nous déplaît ou nous agresse. Comme tout phénomène vibratoire, le bruit se caractérise par :

  • Son intensité, encore appelée niveau, qui dépend de l’amplitude des vibrations émises par la
    source sonore. Elle se mesure en décibels (dB) à l’aide d’un sonomètre. 0 dB correspond au minimum que l’oreille humaine peut percevoir appelé seuil d’audibilité.
    Le seuil de douleur est à 120 dB, mais l’oreille peut subir des dommages à partir de 85 dB.

  • Sa fréquence, qui correspond au nombre de vibrations par seconde émises par la source sonore. Elle se mesure en Hertz (Hz). Elle est directement liée à la hauteur du son perçu. A une fréquence faible correspond un son grave, à une fréquence élevée un son aigu. L’oreille humaine est capable de percevoir les sons à des fréquences (selon l’âge, la culture…) comprises entre 20 Hz (très grave) et 20 000 Hz (très aigu). En deçà de 20 Hz, ces fréquences appelées infrasons sont seulement perçues par certains animaux.
    Au-delà de 20 000 Hz, ce sont les ultrasons, également réservés à d’autres oreilles que les nôtres.

  • Sa durée, qui est évaluée selon deux échelles de temps différentes :
    • une échelle courte, de l’ordre de la seconde, qui permet l’étude des sons brefs (bruits d’impact, bruits impulsionnels) ou variant rapidement (la parole).
    • une échelle moins fine (heure, journée) qui est utilisée pour l’étude des bruits dans l’environnement et permet notamment d’apprécier la gêne. Dans ce domaine, on emploie fréquemment le niveau sonore équivalent (Leq) afin d’évaluer la dose de bruit reçue pendant un temps déterminé.

Ressenti en fonction du trafic routier

Il faut donc des variations très fortes de l’intensité d’une source de bruit pour faire évoluer de manière significative les nuisances sonores qu’elle engendre. Ainsi multiplier par 10 la source de bruit revient à augmenter le niveau sonore de 10 dB, ce qui correspond à un doublement de la sensation auditive

La pression acoustique

Un doublement de niveau de bruit (par exemple le doublement du volume de trafic) ne représente qu’une augmentation de 3 dB, variation perceptible mais qui reste faible pour l’oreille humaine.

Par conséquent, si deux sources d’intensité très inégale sont en présence (écart d’au moins 10 dB), la moins intense sera quasiment masquée par la plus intense (à condition toutefois que leur signature fréquentielle soit assez semblable). C’est ce qu’on appelle « l’effet de masque ».

Niveau sonore

Le bruit d’un poids lourd (PL) étant plus important que celui d’un véhicule léger (VL), on considère que l’émission sonore d’un PL équivaut celle de plusieurs VL. Cette différence dépend de la déclivité de la voie et de la vitesse moyenne du flot de véhicules. Si la pente est inférieure à 2%, 1 PL = 10 VL, si elle est supérieure à 6 %, 1 PL = 20 VL

Un véhicule en déplacement émet du bruit, qui proviennent essentiellement : 

  • du moteur;
  • des frottements aérodynamiques hors pneus;
  • des pneumatiques.

Le bruit des véhicules est issu de deux origines qui se combinent :

  • Le fonctionnement dumoteur et les émissions du pot d’échappement
    Cette source de bruit est relativement constante par rapport à la vitesse car elle dépend avant tout du régime du moteur ; elle est également influencée par le modèle de véhicule, son âge et son entretien.
  • Le bruit des pneumatiques
    Ces nuisances sonores sont proportionnelles à la vitesse car le bruit des pneus double (+ 3 dB(A)) pour 25% de vitesse supplémentaire. L’impact sonore du pneu est également influencé par sa largeur, son profil et sa composition ainsi que par le revêtement de la route ou le poids du véhicule.

Le rôle respectif de ces deux sources dépend de la vitesse du véhicule. A partir de 35 km/h, le bruit du pneu dépasse celui du moteur d’une voiture (ce seuil critique se situe autour de 70-80 km/h pour les camions).