Pas de béton sur notre Vallon !

Pour la sauvegarde du Vallon des Hautes Douces

Mai 2021, Marseille

Le Vallon des Hautes Douces, situé dans le 11ème arrondissement de Marseille représente l’une des dernières campagnes marseillaises et un véritable conservatoire de patrimoine et de biodiversité. D’une superficie totale de 12 ha (comprenant une zone agricole, une zone naturelle et plusieurs zones récemment constructibles), il a été divisé en deux unités foncières à la suite du décès de son propriétaire.

 

Localisation et informations foncières

Contexte et problématique

Joseph Bourrelly, ancien ingénieur agronome, façonna le paysage enchanteur du Vallon des Hautes Douces avec génie pour donner à voir une agriculture méditerranéenne productive, harmonieuse et intemporelle : implantation d’une multitude d’essences d’oliviers et d’arbres fruitiers, de rangs de vignes encore productives et offrant un raisin savoureux et de cultures maraîchères sur des restanques restées intactes. Ainsi le Vallon des Hautes Douces représente un véritable conservatoire du patrimoine agricole marseillais.

Homme profondément humaniste, il lègue ce site exceptionnel à la Fondation de France, cette-dernière se présentant comme « le premier réseau de philanthropie en France ».

Suite au leg, la Fondation de France parie sur la valorisation immobilière du terrain et demande à ce qu’une partie soit classée en zone constructible ; ce qui est acté par le PLU de 2013. Vouée désormais à accueillir des lots d’habitation, cette zone est également la plus stratégique du vallon, au regard de la biodiversité (elle fait la jonction entre la zone naturelle et agricole et constitue en cela une trame écologique certaine) et du patrimoine (elle regroupe les restanques ainsi que quatre dépendances dont une bastide agricole datant du 19ème siècle).

Au-delà du Vallon des Hautes Douces, cette menace d’urbanisation est extrêmement préjudiciable pour le territoire marseillais, au regard de la ratification des terres agricoles, de la demande croissante des consommateurs de disposer de produits biologiques, locaux et de qualité et des citadins d’avoir accès à des espaces naturels. Deplus, au niveau institutionnel, la préservation de l’environnement et de la biodiversité, la promotion de l’agriculture urbaine et la résilience alimentaire ont été jugés prioritaires par la Métropole d’Aix-Marseille, la ville de Marseille ainsi que l’Etat (ex : circulaire gouvernementale de juillet 2019 prônant le Zéro Artificialisation Nette).

Réponse et alternative

Face à cette menace, un groupe de citoyens engagés s’organise, accompagné par France Nature Environnement et le Collectif Anti-Nuisances Environnement. La Collectif du Vallon des Hautes Douces a œuvré pour bloquer l’aménagement du terrain de la zone nouvellement constructible et est prêt à formuler un projet alternatif, cohérent et global afin de préserver l’intégrité de ce lieu et garantir sa valorisation.  

Il s’agirait d’utiliser le potentiel multi-vocationnel du Vallon des Hautes Douces et de le maximiser à travers principalement :

  1. La remise en production des terres agricoles de dans une approche agroécologique, afin de proposer des produits diversifiés, biologiques, locaux et de qualité ;
  2. L’organisation d’activités socio-culturelles autour des thématiques de l’agriculture, de l’environnement et du patrimoine ;
  3. La promotion de la biodiversité typiquement méditerranéenne et la valorisation de la zone naturelle.

A ce titre, le Collectif du Vallon des Hautes Douces a développé un réseau local d’acteurs pertinents et compétents qui sont prêts à l’épauler à travers le partage de leurs expertises respectives (producteurs, associations spécialisées dans la préservation de l’environnement et de la biodiversité, du patrimoine, de l’accueil de publics à la ferme, etc.).

Conditions de la sauvegarde

Néanmoins, tous ces efforts ne suffiront pas à sauver ce lieu si la Fondation de France persiste à le réserver à la promotion immobilière, s’il n’y a pas de modification du PLUi pour reclasser en zone agricole les restanques et une mobilisation conjointe des collectivités pour assurer sa préservation sur le long-terme.

Le puit du Vallon des Hautes Douces, encore fonctionnel et surmonté d’un magnifique olivier
La zone naturelle du site, un paysage de garrigue typique et abritant une grande biodiversité
Oliviers omniprésents offrant des variétés diverses, rangées de vignes ...
Multitudes d’arbres fruitiers (abricotiers, cerisiers, figuiers, grenadiers, poiriers, amandiers, pistachiers, etc.) …
La diversité des espèces et des strates montre à voir ce qu’était une production performante, diversifiée et agroforestière.
Un écrin de nature où les arbres jouent un rôle primordial. En témoigne ce majestueux cèdre de l’Atlas plusieurs fois centenaire.
Les restanques, menacées par l’urbanisation, attendent d’accueillir de nouveau des cultures maraîchères.
De nombreuses dépendances sont présentes sur ce lieu de vie, lieu d’échanges et de rencontres, lieu de production.
Bastide datant du 19ème siècle