Protection du bruit à la source

Le décret 95-22 du 9 janvier 1995 relatif à la limitation du bruit des aménagements et infrastructures de transports terrestres stipule que les niveaux réglementaires seront obtenus en priorité par un traitement de l’infrastructure ou de ses abords.

Le CAN Environnement milite donc pour que la loi soit respectée et la protection contre le bruit des transports soit réalisée à la source

La coupe isophonique transversale (carte verticale) ci dessus d’une route au TN (Terrain Naturel) met clairement en évidence l’atténuation des niveaux sonores en fonction de la distance et l’effet d’absorption des ondes
par le sol.

Le déblai constitue une protection naturelle efficace, le haut de déblai jouant le rôle d’un écran acoustique. L’illustration ci dessous montre l’effet important en terme d’affaiblissement des niveaux sonores, par rapport à la situation « route au TN », d’un déblai de 4 mètres de profondeur

Le fonctionnement d’un écran dépend de plusieurs éléments :

  • Transmission : pour une épaisseur donnée, l’énergie sonore transmise par un écran est fonction des caractéristiques physiques des matériaux constitutifs ainsi que de la technique mise en œuvre.
  • Réflexion : l’énergie sonore réfléchie par la paroi de l’écran soit être maîtrisée pour ne pas augmenter le niveau sonore d’exposition des habitants de la rive opposée. Deux solutions sont, à ce jour, possible : revêtir la paroi d’un matériau absorbant ou incliner la paroi.
  • Diffraction :

Le fait de construire une route en remblai a deux effets antagonistes sur le niveaux sonores à son voisinage :

  • D’une part, dans la zone proche du remblai, et cela d’autant plus que sa hauteur est importante, il y a création d’une « zone d’ombre », dans laquelle le bruit peut être réduit;
  • D’autre part, pour des zones plus éloignées, il y a augmentation du niveau sonore par rapport à la situation de référence « route au TN » ; ceci est dû au fait que l’élévation de la source diminue l’effet d’absorption des ondes par le sol

Le mur acoustique de protection permet d’obtenir des gains moyens de 5 à 7 dB(A) et dans le meilleur des cas, des gains de 10 à 12 dB(A)
Le principe de fonctionnement d’un écran est celui d’un obstacle s’opposant à la propagation du bruit entre la source (le trafic routier) et les réceptacles (les habitations), créant ainsi une zone d’ombre
acoustique.

Par rapport aux écrans, elles présentent des avantages sur les plans acoustique et paysager : absence de réflexions vers des zones bâties, surface relativement absorbante, possibilité de végétaliser les abords.

Les gains obtenus par mise en place d’une butte de terre sont comparables au cas des écrans : gains moyens de 5 à 7 dB(A) et dans le meilleur des cas, des gains de 10 à 12 dB(A) en fonction des configurations.

Les enrobés de chaussée

Les avancées technologiques de ces dernières années en termes de conception de revêtements de chaussées dits «silencieux» ou «acoustiques» permettent aujourd’hui d’offrir aux gestionnaires d’infrastructures une solution efficace de réduction du bruit du trafic routier.

Si les performances affichées par les fabricants semblent séduisantes, certaines interrogations subsistent pour les décideurs locaux en charge des transports et de l’environnement. Les principaux points d’éclairage attendus concernent : le surcoût potentiel, la compatibilité des performances annoncées avec les conditions de trafic, les performances sur chaussée humide, le vieillissement et la durée de vie, la résistance aux conditions climatiques, les conditions de pose et de maintenance…

Le type de revêtement, la texture de surface, l’intégration d’élastomères, le calibre des granulats, l’intensité du trafic routier, la vitesse, le taux de poids lourds et de véhicules utilitaires, les risques de colmatage… sont autant de paramètres qui influent sur les performances acoustiques de nos routes.