Revendication du CAN : interdire l'accès aux ports pour les bateaux les plus polluants - maintenant.

AtmoSud a précisé qu’à Marseille, le transport maritime contribue à hauteur de 5 à 10 % à la pollution de l’air mesurée en centre-ville. Selon elle, le trafic portuaire est responsable des trois-quarts d’émissions de dioxyde de soufre et pour un tiers de celles d’oxyde d’azote. Le port marseillais se positionne comme le premier port de croisière de France et le cinquième d’Europe. (Voir article sur le site d’AtmoSud)

Il y a donc urgence à agir

Une charte à Cannes, Nice ... et à Marseille, non ?

Les émissions de soufre sont déjà limitées à 0,1 % en mer du Nord, en mer Baltique et dans la Manche depuis 2015, sous la pression notamment des Scandinaves. Ailleurs en France, la loi a fixé en 2015 la teneur maximale en soufre dans le carburant des navires transportant des passagers à 1,5 %, contre 3,5 % pour les autres, sauf si l’escale dure plus de deux heures, auquel cas les navires doivent passer au diesel marin à quai (0,1 % de soufre).

La quantité maximale de soufre dans le carburant des paquebots et ferries devrait encore baisser en 2020, de 1,5 % à 0,5 %, ce qui reste cinquante fois supérieur au diesel d’une voiture (0,01 % de soufre). (voir explications sur notre site)

30 compagnies de croisière faisant escale dans la baie de Cannes ont signé une charte visant à lutter contre la pollution marine, en les obligeant à utiliser un carburant à 0,1% de soufre - Nice-Matin (10 janvier 2020)

La Ville de Cannes est (avec la CCI) précurseur. En créant une charte obligeant les bateaux de croisière mouillant dans la baie à utiliser un carburant à 0,1 % de soufre, nettement moins polluant. Une première en Méditerranée.

 Cannes applique donc une ristourne, de 0,20 euro par passager sur les droits de port, pour encourager l’application des différents engagements de la charte sur la réduction des pollutions. 
    
Le maire de Cannes demande aussi au gouvernement d’amender le projet de loi sur l’orientation des mobilités (Lom) pour étendre la zone d’application des pouvoirs de police portuaire des maires du littoral à la zone de mouillage, soit au-delà de la zone actuelle située à 300 mètres du rivage.

Par ailleurs, le dispositif instauré à Cannes empêche tout rejet en mer d’eaux — usées comme traitées (Scrubber : voir explications sur notre site) — par les paquebots, et les oblige à mouiller hors des herbiers de posidonies. Une nécessité pour préserver la faune marine quand on sait que Cannes devient en 2020 deuxième port français en nombre de bateaux derrière Marseille.

Les navires qui ne sont pas signataires de la Charte ont interdiction d’accoster. 

A Nice également, les ferries en escale devront utiliser le carburant le moins polluant

A partir du 11 janvier 2020 les navires devront utiliser un fuel à teneur en soufre réduite à 0,1%. Une mesure plus contraignante que la réglementation internationale qui fixe le taux de soufre à 0,5%.

Electrification des quais

Il y a urgence à agir ! 

À Marseille, la pollution de l’air en nette augmentation, à cause des paquebots bloqués à quai par le confinement

Si le confinement du printemps 2020 a globalement eu un effet positif sur la pollution de l’air, à Marseille, les paquebots bloqués dans le port auraient pollué autant que tout le trafic automobile enregistré sur la ville durant cette période. (Voir article complet de FNE 13)

Une étude d’AtmoSud montre que les émissions des paquebots sont près de 6 fois supérieures à celles calculées habituellement. Alors que celles des ferries sont plutôt inférieures en lien avec le raccordement à quai de deux compagnies. Les navires de marchandises seraient en légère hausse selon ces calculs.

50 GW d’électricité pour purifier l’air de Marseille ! L’électrification en cours des quais du port de la cité phocéenne est la solution choisie pour supprimer les fumées des navires en escale, représentant plus d’émission de dioxyde d’azote que le trafic routier selon l’association AtmoSud. Un constat qui place la cité phocéenne à la huitième place des cinquante ports les plus pollués d’Europe.

Ferries, navires de croisière ou de commerces font en effet tourner en permanence leurs moteurs lors des escales pour fournir de l’électricité à bord, avec un effet majeur sur la qualité de l’air dans les quartiers littoraux de la ville.

Le terminal croisière en 2023

Financé par la région PACA, le Grand Port Maritime de Marseille (GPMM) a investi massivement depuis deux ans dans l’électrification et parvient déjà à brancher simultanément quatre ferries qui assurent la liaison avec la Corse grâce à des potences qui relient le réseau électrique aux navires, un dispositif présenté ce vendredi.

« Ces connexions sont une première en France ! », s’enthousiasme Frédéric Béringuier, directeur local d’Enedis. « Nous fournissons déjà 12 MW au port de Marseille et les travaux que nous menons vont permettre d’atteindre rapidement 50 MW, soit la consommation d’une ville de 50 000 habitants ».

Les travaux de raccordement au réseau public d’électricité se poursuivent et devraient permettre l’an prochain la connexion de l’ensemble des ferries vers le Maghreb, puis en 2023 le terminal croisière. Chacun de ces bateaux de croisière géants qu’il accueille nécessite 12 MW pour l’alimenter, avec l’obligation de construire un transformateur pour passer de 50 à 60 hertz. Ce sera ensuite au tour du chantier naval d’être raccordé pour une consommation finale de l’ensemble du GPMM de 68 MW.

Les paquebots qui emmènent des milliers de passagers en croisière au bout du monde ne circulent plus en raison de la crise sanitaire. Mais ça ne signifie pas qu’ils ont cessé de polluer. Un collectif de riverains s’inquiète de voir les géants des mers faire tourner leur moteur dans le port de Marseille.

Mais comment se fait-il que lorsque la croisière ne s’amuse plus, les moteurs restent en marche ? Sur place, il y a toujours de la vie à bord, une centaine de membres d’équipage et d’entretien. Ils cuisinent, se douchent, se chauffent. Pour alimenter cela, le navire utilise un générateur qui fonctionne avec les moteurs du bateau, au fioul. Un fioul cent fois plus polluant que celui d’une voiture diesel.

La solution GNL

Le GNL comme carburant marin

Par rapport aux navires actuellement motorisés au fuel, l’utilisation du GNL marin permet une réduction de :

  • 99% des émissions d’oxydes de soufre ;
  • 99% des émissions de particules fines ;
  • Jusqu’à 85% des émissions d’oxydes d’azote ;
  • et de l’ordre de 20% des émissions de gaz à effet de serre.

Le GNL constitue une solution disponible et compétitive qui contribue à la stratégie à long terme de l’Organisation maritime internationale (OMI) visant à réduire les gaz à effet de serre émis par les navires. L’intérêt pour le développement d’infrastructures d’avitaillement en GNL marin s’est étendu de façon conséquente ; plusieurs grands ports et fournisseurs GNL marin ayant mis en place des initiatives clés et ayant pris part à des avancées significatives en soutien à ces développements. Le GNL marin prépare également l’introduction future d’un carburant marin encore plus propre, le bioGNL. 

Paris, 25 mars 2021 – Total et MSC Croisières ont officialisé aujourd’hui un accord portant sur la fourniture annuelle d’environ 45 000 tonnes de Gaz Naturel Liquéfié (GNL) pour les prochains navires de croisière de MSC Croisières propulsés au GNL et qui feront escale dans le port de Marseille (France). 

La solution GNL, qui est sans doute une transition nécessaire pour abandonner au plus vite le fioul lourd tel qu’utiliser actuellement, mais reste une énergie fossile, donc non renouvelable.

Total et MSC Croisières, Total et CMA-CGM ont signé des accords pour avitailler les navires au CNL

Mercredi 25 septembre, en Chine, le Jacques Saadé, premier porte-container de grande dimension à être propulsé au GNL (gaz naturel liquéfié). Alors qu’une grande majorité de la flotte mondiale continue à être alimentée au fioul lourd, ce navire de 400 mètres par 61, et d’une capacité de 23 000 containers, constitue une première du genre

Le port de Marseille Fos, souhaite devenir le hub méditerranéen du GNL Avec une deuxième opération d’avitaillement réalisée le 15 juin 2020, le port de Marseille Fos confirme son engagement en faveur du gaz naturel liquéfié (GNL), son expertise dans le domaine et son ambition d’atteindre l’excellence environnementale. 

La solution hydrogène

Saïd Ahamada, élu sur la  circonscription du Grand Port Maritime de Marseille souhaite de l’hydrogène pour les bateaux marseillais

« Ce que nous sommes en train de faire aujourd’hui pour la filière GNL, nous devons le penser pour l’hydrogène : cela fait longtemps que le grand public entend parler de la pile à combustible, véritable « serpent de mer » « 

La deuxième ville de France n’est pas en reste puisque le Ferry boat, immortalisé par Marcel Pagnol, qui a effectué sa première traversée du vieux port en 1880, est depuis 2010 tout électrique, alimenté par un système de piles à combustible à hydrogène.

Appelé à réaliser la liaison Oslo – Frederikshavn – Copenhague, ce ferry à hydrogène sera alimenté par une pile à combustible de 23 MW.  Capable d’embarquer jusqu’à 1800 passagers et 380 voitures, il permettra d’économiser l’équivalent de 64.000 tonnes d’émissions de CO2 chaque année.

Afin de financer ce projet d’envergure, les différents partenaires ont demandé le soutien du fonds européen pour l’innovation. Si le calendrier est respecté, sa mise en exploitation pourrait intervenir dès 2027.